dimanche 19 mai 2019

Lecture

       Il n'aime pas qu'elle soit en retard. Pour quoi que ce soit. Il exige qu'elle soit à l'heure pour ses rendez-vous, que les factures soient payées bien avant la date limite... Toutes ces choses qui pour elle n'ont pas autant d'importance. Être à l'heure au rendez-vous... Oui... Enfin ça dépend lesquels... Et puis les factures... Ça va... Tant que le troisième rappel n'est pas arrivé, c'est qu'on est dans les temps !

      Enfin bref, lui il n'aime pas ça.

      Donc quand il a vu qu'elle était en retard pour rendre ses livres à la bibliothèque (oui, elle emprunte encore des livres à la bibliothèque... Les restes d'un autre temps...), il a exigé qu'elle y aille dès le lendemain. Elle a promis. Elle a pris les livres dans son sac et elle est partie au boulot avec l'intention de passer les rendre en sortant.

      Le midi, pour aller manger, elle les a mis dans son tiroir pour ne pas s'en embarrasser. La journée est passée et à l'heure de partir, évidemment, tout à sa discussion avec sa collègue, elle a oublié les livres.

      Elle s'en est aperçu à mi-chemin mais bon... Flemme et puis c'est plus à une journée près.

      Le soir, il lui a demandé si elle l'avait fait et comme elle allait le faire le lendemain, elle s'est dit que s'éviter un sermon en assurant que oui était la meilleure des solutions.

      Quelques jours sont passés. Les livres bien au chaud dans leur tiroir. Une lettre de rappel est arrivée. Il a foncé les sourcils mais elle a été convaincante quand elle lui a dit que c'était sûrement parce que le courrier avait du partir avant que les livres qu'elle avait mis sur le chariot soient enregistrés en retour, "ça arrive régulièrement tu sais".

      Ce soir là elle a eu chaud. C'était un vendredi, les livres n'avaient pas bougé de leur tiroir au boulot. Elle s'est jurée d'y aller le lundi sans faute.

      Le lundi soir, elle a pris les livres et direction la bibliothèque. Fermée. Cette saleté de bibliothèque est fermée pour la semaine. Des travaux. C'est bien le moment tiens !
       Elle a fait la seule chose qui lui a paru logique : planquer les livres dans le coffre de la voiture. Bon, au moins, elle n'allait pas recevoir de rappel cette semaine.

      Là où cela a mal tourné, c'est quand le jeudi soir, il lui a dit qu'il allait faire quelques courses et qu'il prenait sa voiture car elle était garée derrière la sienne. Elle a dit "ok" sans faire attention.
C'est quand elle l'a vu rentrer avec le sac de bibliothèque en plus des courses que ça a fait tilt dans sa petite tête.

"- Tu m'expliques ?

       Est ce qu'on peut imaginer le tourbillon d'excuses foireuses qui lui sont passées dans la tête pendant ces quelques secondes où elle est restée muette ?

- Je t'écoute !
- La bibliothèque était fermée et... Je vais y aller la semaine prochaine !
- Tu as raison de continuer à me prendre pour un abruti Elisa... Vraiment...
- Mais c'est vrai !
- Cette semaine oui. Mais pas la semaine dernière, ni celle d'avant quand tu m'as dit les avoir rapportés !
- .....

      Elle ouvrait la bouche pour répondre quelque chose qu'elle n'avait pas encore complètement déterminé quand il a désigné le coin. Elle n'a pas osé protester. Elle a obéit tête basse, non sans lui lancer un regard où espérait-elle se reflétaient tous ses regrets et à quel point elle était désolée. Mais ça n'a pas eu l'air de l'émouvoir...

       Il a pris son temps pour ranger les courses. Et seulement après il s'est approché d'elle. Il l'a enlacé en posant son menton sur son épaule comme elle aime. Enfin elle préfère quand elle n'est pas au coin.

       C'est elle qui a brisé le silence.

"- Je suis désolée tu sais...
- Tu m'as menti.
- Oui.... T'es très fâché ?
- D'après toi ?

      Elle n'a pas répondu. Il a fait descendre sa main droite et l'a posé sur sa fesse.

- Tu étais en retard, tu ne m'as pas obéi et tu m'as menti et tu m'as encore menti quand on a reçu le courrier de rappel. Je pense que tes fesses vont t'en vouloir pendant un moment.

      Il l'a fait pivoter et l'a prise par la main "on y va". Elle l'a suivi, penaude, jusqu'au canapé. Il l'a placée sur ses genoux. Il a remonté sa jupe et baissé sa culotte. Il a commencé la fessée tout en la sermonnant. Il lui a dit à quel point il était déçu par ses mensonges, à quel point il aurait dû mal maintenant à accorder crédit à ce qu'elle pourrait lui dire, qu'il lui faudrait du temps pour lui refaire confiance. Elle avait mal aux fesses bien sûr mais ce sont ses mots et la déception qu'elle sentait dans sa voix qui l'ont fait pleurer. Elle a demandé pardon, lui a promis qu'elle ne lui mentirait plus jamais, il lui a répondu qu'il avait déjà entendu ça et ça l'a fait pleurer encore plus.

       Quand il a eu mal à la main, il a sorti la super maryse xxl qu'ils avaient acheté ensemble "pour rire" dans un magasin de cuisine. Et ça ne l'a pas fait rire. Il n'avait plus mal à la main mais ses fesses à elle ont commencé à implorer pitié. Il a continué pendant un moment qui lui a paru interminable. Elle a même pensé à utiliser le mot magique mais elle ne voulait pas le décevoir encore. Elle allait prendre cette fessée "comme une grande".... En pleurant comme un bébé mais "comme une grande" quand même.

        Quand il s'est arrêté, il l'a laissé récupérer un moment sur ses genoux, puis il l'a redressée, a essuyé ses yeux qui continuaient de couler, lui a tendu un mouchoir pour son nez. Puis il l'a prise dans ses bras quelques instants avant de la faire se lever et de la remettre au coin, où bien évidemment elle s'est remise à pleurer doucement tête basse. Honteuse. Honteuse d'avoir menti. Honteuse d'être encore une fois culotte baissée au coin, les fesses en feu. Comme d'habitude, elle se promet que ça n'arrivera plus, qu'elle fera des efforts.

@doz 
          Elle en est là de ses pensées quand elle sent qu'il passe son bras gauche autour d'elle et qu'il pose son menton sur son épaule de nouveau.

"-" Ça va ?

C'est bien lui tiens... Il te détruit les fesses et demande si ça va...

-  Je sais pas....

        Il la fait se tourner vers lui et lui tend le bouquet qu'il avait dans la main droite.

- Je t'avais acheté des fleurs. Tu ne devrais pas les mériter juste là... Mais je t'aime, alors tu les mérites toujours...

Et bien entendu, il n'a pas pu s'empêcher de rajouter "comme les fessées quoi !"

Et ça les a fait sourire tous les deux.




8 commentaires:

  1. Joliment écrit et j'aime tellement cette spontanéité à la fin...

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  2. J'ai une pile de lettres de rappel dans une bannière. Elles me servent de feuilles de brouillon...

    Le meilleur moyen de cacher un truc, c'est de le mettre en évidence, c'est genre LA base ! :-)

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    1. Rhooo la vache, j'ai 3 factures et 3 déclarations à faire, je re !
      (nan, j'deconne... On est plus à 2 jours près :p)

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  3. Prendre une fessée comme une grande. J'aime beaucoup. Je vais flâner encore un peu ici j'aime les textes bien écrits.

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    1. Merci pour le compliment et je t'en prie, flâne, tu es la bienvenue :)

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  4. J'atteris ici "par hasard", j'y trouve ce joli récit. Bravo, continues ! Ledoc38

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    1. Oh ! Un nom que je connais ;)
      J'espère que tu vas bien depuis le temps :p
      Et merci ! Je vais continuer oui ;)

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