vendredi 26 février 2021

Il faut

 qu'on parle.

Pour à peu près n'importe qui, cette phrase est synonyme de rupture en vue. Pas pour Julie. Pour elle, cette phrase est synonyme de fessée en approche.

Dès qu'elle a reçu ce sms de Thomas, elle a commencé à chercher ce qu'elle avait bien pu faire... ou ne pas faire... ou mal faire. Elle a passé les dernières heures, journées et même semaines en revue mais rien. Enfin rien qu'il n'ait pu découvrir ^^. 

Elle est même allée vérifier son compte. Elle a énuméré mentalement toutes les factures qu'elle avait pu recevoir mais elle est certaine d'avoir tout bien payé.

Comme d'habitude, il l'a appelé le midi. Elle n'a pas évoqué la question. Elle n'a pas eu envie de commencer à se faire gronder au travail, c'est gênant quand même. Quand ça arrive elle a toujours l'impression que tout le monde écoute toute la conversation et sait ce qui va se passer le soir. La honte. 

Mais loin de la gronder, il a paru plutôt de bonne humeur. Bon c'est pas que lui mettre une fessée le rende triste, hein... vraiment pas même. Mais d'habitude, elle le sent quand il est contrarié. Et là rien. Le mystère reste entier.

Tout l'après-midi, elle s'est posé la question de ce qu'il avait bien pu découvrir. Sa dernière grosse bêtise, impossible qu'il en ait entendu parler. A moins que.... ? Non. Vraiment. Impossible.

Pratique de se concentrer, tiens. Elle s'est même pris une réflexion de son boss... pffff. 

C'est pas la perspective de la fessée qui l'angoisse, parce que ça, elle aime plutôt... quoique... s'il prend la brosse... bof... Ah non, c'est vrai, elle est portée disparue depuis plusieurs semaines déjà :p.  

Ce qu'elle craint, c'est son air fâché. Ses mots qui la mettent en défaut. 

Quand elle rentre le soir elle s'arrange pour être parfaite. La soirée passe et il ne dit rien. Elle ne comprend pas. plusieurs fois, il lui demande si ça va, inquiet de la voir bizarre, mais chaque fois, elle lui répond que oui, ça va. Alors que non, ça va pas, bon sang mais il va la cracher sa valda ! Ils dinent, regardent un truc à la télé, vont se coucher, prennent un bouquin et... rien. Elle referme son livre (impossible de comprendre la moindre ligne de toutes façons...) et se tourne vers lui :

- Thomas ? 

- Oui ?

- Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Comment ça "qu'est-ce que t'as fait" ?

- Bah... t'as dit qu'il fallait qu'on parle...

- Ah oui ! C'est vrai ! J'ai zappé ! Attends !

D'un bond, il se relève et va fouiller dans son sac... il a quand même pas acheté une nouvelle brosse ???? Il revient vers elle tout fier avec 2 brochures d'hôtel  "Mer ou montagne pour les prochaines vacances, ma puce ?"

....

C'est clair... elle va le trucider... mais après les vacances.



5 commentaires:

  1. Moi aussi elle me stresse cette phrase.
    Je n'ai jamais compris ce délire d'évoquer un truc et de ne pas le dire tout de suite. Autant ne rien dire. O_o
    C'est comme la chanson d'Helmut fritz, ça m'éneeeeeeerrrrveeee !

    Quant à le "qu'est-ce que j'ai fait" ah ah... trop !
    Remarque, dans mon cas, c'est easy, j'ai toujours l'impression d'avoir fait un truc.
    Mais tu sais qu'il m'est arrivé un truc similaire ! J'avais répondu, sans réfléchir "Je suis un peu près persuadée de n'avoir rien fait." et il a relevé le "un peu près persuadée ?".
    C'est totalement partie en live. ;D

    T'aimes bien ce prénom, Thomas...

    Je connais quelqu'un qui fabrique de très belles brosses en bois si tu veux. 0:-)

    RépondreSupprimer
  2. Je hais la brosse. Vraiment. Je ne l'ai expérimenté que rarement parce qu'il suffit d'en parler pour que je sois trèeeees sage :p

    Ah le trou que tu creuses toi-même en essayant de t'en sortir... Grand classique ^^

    Thomas... C'est mon mec idéal <3,mon fantasme incarné dans un prénom. Sauf que maintenant que t'en parles, je me demande à quel point je l'ai vraiment choisis au hasard :O

    RépondreSupprimer
  3. Moi c'est Eden... mais je ne suis pas capable de fabriquer un Eden ni de le faire parler dans un récit, il est juste dans ma tête, il n'est qu'à moi. C'est un mix de tous les bons côtés des hommes que j'ai côtoyé sans les mauvais ou alors juste ceux qui me font rire ou me touchent... Eden évolue au fil des années. :-)

    Il n'y a pas de hasard, il y a des connexions qu'on fait inconsciemment oui !

    De mon côté, ce ne sont plus des trous, ce sont des tombeaux égyptiens.

    J'ai balancé une brosse par la fenêtre d'un hôtel, mais sans faire exprès... la fenêtre était ouverte. Va faire comprendre à l'autre que tu n'as pas "visé" et que tu l'as juste balancé au hasard sans faire attention. T'aurais vu ma tête, j'étais tellement stressée que tout ce que j'ai trouvé à dire c'est "ce n'est pas moi qui ai ouvert la fenêtre !".
    Tombeau égyptien j'te dis.

    RépondreSupprimer
  4. Moi j'aurais aimé voir la tête de celui qui l'a vu tomber juste devant lui mdrrrr ! (oui bizarrement dans ma tête c'est forcément un homme)
    Niveau instruments, j'ai juste cassé une règle. Ou plutôt, il l'a cassée. J'ai beaucoup ri et j'ai toujours les morceaux sur mon bureau. Mais du coup comme il n'avait plus sa jolie règle, c'est là qu'il a du me faire sortir la brosse... En même temps, ça manquait à mon carnet d'expériences, fallait bien que j'essaie :p

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On n'est pas allé la chercher, il ne m'a même pas laissé le temps de le lui proposer... et il n'a jamais cru à l'hypothèse de l'acte non-prémédité, ce qui m'avait fait beaucoup de peine, rire !
      La fille débile.
      Certains instruments m'ont toujours rendu nerveuse, tu ne peux pas lutter contre l'instinct d'un être humain. 

      Une règle, faut le faire quand même ! 

      Idem, je n'arrive pas à jeter ce genre de truc... j'ai un meuble dans mon bureau, à l'intérieur, ce ne sont que des souvenirs de rencontres que l'autre a oublié ou qu'on m'a donné. J'ai des jouets, des instruments, des tenues, des mots, rien qui ne soit "à moi" ou "de moi" à la base.
      Je pense que je vais transformer cette pièce en studio prochainement et je crois que je vais y virer mais ça me fait quelque chose. 

      De mon côté, j'ai eu l'embout d'une cravache qui était partie ! Je ne me rappelle plus exactement ce que j'avais dit mais j'avais fait un commentaire sur le fait qu'un bon ouvrier à toujours du bon matériel, il avait continué avec le manche du truc. :/ Ce n'est pas un top souvenir.
      Depuis, tout ce qui est baguette, je n'ai pas tenté ou retenté. Totalement le genre de truc que j'arriverais à balancer par une fenêtre, même fermée, et sans faire exprès. ;D

      Supprimer